rouge gris bruit / 2001 ~ improvised music (studio)

by Sophie Agnel & Lionel Marchetti & Jérôme Nœtinger

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    ORIGINAL MASTER : 44Khz - 16 bits

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about

-- 2001 ---

rouge gris bruit

Sophie Agnel & Lionel Marchetti & Jérôme Nœtinger

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Sophie Agnel : piano

Lionel Marchetti : micros, haut-parleurs, électroniques, Revox

Jérôme Nœtinger : micros, haut-parleurs, électroniques, Revox


Improvisations enregistrées en avril 2001
dans les studios du Centre Culturel André Malraux
Vandœuvre-les-Nancy, France
par François Dietz

Improvisations réorganisées, librement arrangées
composées et masterisées par Lionel Marchetti en 2001

Une première édition CD (limitée à 1000 exemplaires)
de rouge gris bruit
à été réalisée en 2001 chez Potlatch - P401

www.potlatch.fr Photographie : d'après un dessin original d'Olivier Capparos

Mastering 2014 : Lionel Marchetti

Copyright : Sophie Agnel / Lionel Marchetti / Jérôme Nœtinger / SACEM

Remerciements : Dominique Répécaud, Emmanuel Petit

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À propos de rouge gris bruit par Olivier Capparos :

"Figures du son, chirurgie et puissance de la poussière —

Un vrai visage de la musique doit autant son éclat à la surface lisse, polie, d'une forme qu'à l'embrasement matériel d'organes, de tissus et d'humeurs variées.
Toute musique se dédie elle-même à ce qui lui ressemble.
J'entends lui répondre des opérations imaginaires vouées à se joindre dans une sensation étrange : le cri de la poussière et une certaine chirurgie.
Deux images œuvre double de la peau et des organes qu'elle enveloppe.
C'est comme si un visage émergeait, vestige et masque de pierre, d'une tempête de sable et que, à travers les fenêtres de bouche, narines, yeux, oreilles, des organes étonnaient par d'improbables opérations.

Que dire de transplantations organiques et vasculaires d'où résulterait un si étonnant mélange ?
Initialement, greffe et pontage vasculaires ségmentaux peuvent être autoplastiques (le segment de vaisseau transplanté est prélevé sur l'individu lui-même); homoplastiques (le prélèvement a lieu sur un autre individu); hétéroplastiques (prélevé sur un organisme d'une autre espèce).

Considérons tel corps, tel visage recomposé de toutes ces façons de combinaisons.

Un cri que l'on génère s'abouche à un crépitement électrique.
Un premier cri est apponté à un second dans l'intervalle d'un soupir.
Une corde vibrante coupe un cri interrompu, sans risque de rétrécissement ou d'oblitération de ces vaisseaux.
Plus loin, les transplantations se développent, en suturant os, muscles, nerfs et peau.

Quels bouleversements fonctionnels cela peut-il produire ?

Pour le visage de musique dont on parle, l'œil aspire et avale, la bouche entend... et l'oreille voit.
Dans le bloc opératoire, sur la table d'opération est toujours maintenue la tension de tous ces actes.
Pétillements, bruissements, chuintements animaux.
Affirmative chute dans le temps, dans l'horloge et dans la percussion...

On croit entendre le cri de la poussière.

Du silence de la poussière cadavérique aux mille bruits du corps ouvert, l'attention chirurgienne procède du résidu au souffle, de la bave incolore à la bouche incarnat, de la larme à la vision... de la surdité à la claire écoute...
Elle enveloppe tout ce qui demeure sans mouvement. Et s'avoue-t-elle passe-muraille par les plus minces intervalles dans la pierre. La double puissance du linceul et de la volatilité définit la double qualité — la double intimité — de son cri.

La poussière parle, parce qu'une main a réveillé de la matière sa signature et — dirait Jakob Böhme — c'est l'instrument de la matière qui vibre.

La poussière sur la peau : fourmillement aérien des sons des profondeurs, résonances sur la table d'harmonie du cœur.
Le cri de la poussière exprime la vérité de ce qui apparaissait d'abord surface lisse, contour décidé d'une forme, d'un visage, et qui se révèle enfin crêtes dentelées, champ de plis innervés de copeaux transparents, pelotes et aiguilles fissibles, frêles ultimement... sédiments clandestins... scories inopportunes...

Une œuvre sauvage du temps.

Voilà que les deux règnes premièrement incompatibles — de l'organicité composite et de la forme unitaire — composent l'empire du visage. Polyphonie et trait monodique y sont les deux hémifaces de la figure du son. Mais c'est que l'acte de chirurgie est complet, que le visage masque recomposé résonne que le son prend figure."
Olivier Capparos

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À propos de rouge gris bruit
par Brandon Labelle :

"The breakdown of amplification between input and output is a moment of anxiety: suddenly the clarity of the message is disturbed, splintered and made suspect, overshadowed by an unknown interference, a glitch of intention. Cast across the one-to-one equation of input to output, signal to message, word to definition, the shadow of the unknown unsettles the belief in technology and its ability to convey the message, to deliver up the appropriate output in response to input — to simply do the job.

Against the grain interference appears: from an unknown source, within the musculature of the body, inside vocal chords that strain to speak, to draw up the proper words, from inside the very instruments of culture. As a body one is punctured by interference, set off balance and plunged into chaos; however momentary, every chaos is cause for alarm, for the order it disrupts dies a reluctant death. In a sense, the conflicts of order and chaos occur as territorial challenges — between regions of meaning that always slip against the tectonics of coherence and interference, along fault-lines of noise and silence, grating along the edges of harmony and discord.

Interference here is akin to a parasitic invasion: "para-site" being a space unto itself, a space occupied by an ill-defined entity, or the grotesque, for isn't the monstrous defined by its endless need to prey on the healthy, as an other who nonetheless craves to enter properly into the normal? Yet, the parasitic as a condition occurs as the very living with an alienpresence that is privately one's own — a personalized other constituted by the very stuff of one's body, for the parasitic feeds on the material already privately cultivated: in other words, the parasite is secretly what one desires. In this way, the parasitic as a pathological alternative is a kind of inverse of oneself, a haunting doppelganger that exists up close, as an underside to every gesture and impulse.

Interference too is up close, always on the border, in the wings, emerging inside the very fabric of musical production, infringing upon the wholesome perfection of proper recording, of a clean signal. It lashes out across thesonic spectrum, right at the instance of performance, inside the very movements of musical organization.
On the other side of this divide — this binary opposition between the normaland the pathological, the site and the para-site, clarity andinterference — is the experimental cultivation of the parasitic as a productive model, as a norm framed not by the antagonism of its other, the proper, but by anxiety itself, yet anxiety without its medicinal prescriptive, its remedy, but anxiety given free reign, as monarch of this region. This region here is a musical one, and the parasitic as that alternate site defined by sources that interfere and set reeling, thrust outward by the internal longing for the very disruption of things, the musical result being the opportunity to witness completely what may occur inside the space of interference."
Brandon Labelle

credits

released May 9, 2001

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about

Lionel Marchetti Lyon, France

Lionel Marchetti (1967) : compositeur français de musique concrète, acousmatique & improvisateur expérimental avec instruments électroniques divers

...ses compositions musicales sont considérées comme
un véritable cinéma pour l'oreille…

"Concret ou abstrait ? J'aime l'abstrait où subsiste un souvenir de substance, le concret qui s'affine aux frontières du vide." (K.White)
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