Train de nuit (Noord 3​-​683) / 1999 ~ composition de musique concrète

by Lionel Marchetti

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about

--- 1999 ---

« Et cette nuit est pareille à cent mille autres
quand un train file dans la nuit
- les comètes tombent -
et que l'homme et la femme, même jeunes
s'amusent à faire l'amour »
Blaise Cendrars

-

Train de nuit (Noord 3-683)

Musique concrète de Lionel Marchetti
pour une écoute acousmatique d’une durée de 21’51’’

Composition monophonique / pour un unique haut-parleur

(Haut-parleur de gauche uniquement / Left speaker only…)

À Pierre Schæffer, à Pierre Henry

Production, composition, conception et réalisation sonore, tournages sonores, avec l’instrumentarium du CFMI de Lyon : Lionel Marchetti – 1997/1999 au studio du CFMI de Lyon (Université Lumière Lyon 2)

Présences vocales : Christine Sybert (sur les fragments de textes de Paul Celan adaptés et traduits par Olivier Capparos), Hannane Kadous (chant diaphane) et divers hasards radiophoniques…

Remerciements : Hubert Barrion, Olivier Capparos, Alain de Fillipis (archives de cire), Roger de la Frayssenet, Andy Guhl, Norbert Möslang, Jérôme Nœtinger et William Pellier

Création publique : Les instants Chavirés / Montreuil / 1999

Une première édition CD de Train de nuit (Noord 3-683) à été réalisée en 2002 sur le label Metamkine, dans la collection Cinéma pour l’oreille, dirigée par Jérôme Nœtinger - France

www.metamkine.com

Mastering numérique 2014 : L.M.
Copyright : Lionel Marchetti/SACEM

Photographie de L.M. : Adam Nilsson/2010
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À propos de Train de nuit (Noord 3-683) :

« Être emporté, en vie ou en rêve, dans une machine improbable, métallique, dédiée au voyage jusque derrière l’horizon, sur une longue ligne de fer, luisante, coupante, martelée, effilée et qui, même si elle peut être associée au pire de ce qui sourd en l’Homme (conquêtes, déportations, camps…) déploie, dans un tourbillon de contradictions et selon notre vision, notre vie d’endormis pour un rêve plus sain — il faut l’espérer.

Comme si, en la dernière et ultime station, le chemin continuait encore et encore et qu’il était possible de se perdre, cette fois-ci volontairement, en toute conscience, déshabillés de tout cet immonde petit théâtre psychologique qui inlassablement nous poursuit et s’agrippe à notre tête comme un pou — mais qu’avons-nous à faire ou à construire en ces régions infernales ?

Peut-être, après tout, s’agit-il carrément de faire front à l’infect jeu mondain ?

Peut-être (et voici aussi l’un des enjeux de cette composition) s’agit-il d’attraper l’intrigue et de la complexifier, puisque notre condition nous a mis au contact d’une telle démence et qu’il ne faut pas s’enfuir, pas encore…

« Le monde est un mystère et il t’a fait mystère » dit quelque part Antonio Porchia.

S’il fallait programmer une suite à Train de nuit (Noord 3-683) afin d’en inverser la portée, ce serait lui offrir en regard une composition autre comme Portrait d’un glacier (Alpes-2173m) qui est et restera l’espace de la respiration, l’espace d’un phrasé rayonnant, voire d’une approche de la claire lumière, avec le présence de corps bien vivants cependant, aux prises avec la fraîcheur du réel tout comme avec la beauté du monde et ses complexités naturelles.

Pourquoi, alors que les outils d’aujourd’hui nous permettent facilement de travailler en stéréophonie et même plus, se concentrer sur une réalisation sonore pour un unique haut-parleur ?

Ce fut là un autre enjeu - et non pas une maniaquerie techniciste - qui était celui de me placer au même endroit que les anciens qui ne possédaient qu’un seul haut-parleur en studio (la stéréophonie apparaît dans les années 50, la musique concrète à la fin des années 40).
Mais surtout, j’ai découvert qu’une singulière poésie perceptive pouvait être attachée à la projection sonore via un unique point focalisé et ce, sans cette obligation de toujours augmenter le nombre des haut-parleurs jusqu’à s’engluer dans la saturation.

Voici, pour Train de nuit (Noord 3-683), en mes mains artisanes - et face à face, en studio, avec un unique haut-parleur - la découverte d’une tête sonore à l’allure de Cyclope.

Un monoculum qui fascine et attire à lui comme s’il s’agissait, pour nous écoutants, de se pencher vers une bouche d’images.
Comme s’il s’agissait de se courber irrésistiblement vers le lieu de production du son plutôt que d’être recouvert par un vent cinétique nous rendant en quelque sorte presque passifs : il y a là, en effet, deux mouvements perceptifs opposés dont j’ai exploré les quelques méandres dans mon essai Haut-parleur, voix et miroir…

Train de nuit (Noord 3-683) est également un hommage aux 5 études de bruits de Pierre Schaeffer, composées en 1948 et notamment l’étude au chemin de fer (dont on trouvera quelques minuscules citations incrustées et cachées ici et là).

Déjà, à l’époque, Pierre Schaeffer abordait de plein front l’idée de "tournage sonore" (Michel Chion).

Déjà il ancrait sa facture sonore enregistrée dans le réel - sur le motif lui-même - mettant en scène ses propres sons comme on travaillerait avec des acteurs, afin d’en tirer, au delà de pures spécificités musicales ou rythmiques ce qui, selon moi, possède une valeur encore plus grande dans l’art si spécifique de la musique concrète : une image — comme on tirerait une photographie. »
Lionel Marchetti/2010

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Lionel Marchetti is a French composer of concrete music
an improviser (electronics, various analogic systems with modified speakers, REVOX reel-to-reel recorder…)
as well as a visual-sound artist, a writer and a poet

Whether his music is composed or improvised
the body has an important role (Lionel Marchetti danced with the university company Relyanse between 1986 and 1991)

To define his music, one can borrow Kenneth White’s saying :

« Concrete or abstract ?
I like abstraction where a memory of substance remains, concrete refined on the frontiers of emptiness. »
[free translation]


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NB : for a complete bio & diverses web links
have a look here : Archives radiophoniques…
(below, in my bandcamp discography)

credits

released January 10, 1999

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about

Lionel Marchetti Lyon, France

Lionel Marchetti (1967) : compositeur français de musique concrète, acousmatique & improvisateur expérimental avec instruments électroniques divers

...ses compositions musicales sont considérées comme
un véritable cinéma pour l'oreille…

"Concret ou abstrait ? J'aime l'abstrait où subsiste un souvenir de substance, le concret qui s'affine aux frontières du vide." (K.White)
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